Une nouvelle étude bouscule les théories sur les habitants de l’île de Pâques (vidéo)

L’histoire des habitants de l’emblématique île de Pâques est en passe d’être réécrite. Alors que les spécialistes pensaient que le peuple avait accéléré sa propre disparition en raison d’une mauvaise exploitation de leurs ressources, une nouvelle étude vient de remettre en question cette théorie.

De nombreux mystères entourent l’île de Pâques. Située dans le sud-est de l’océan Pacifique, cette île du Chili répondant également au doux nom de « Te pito o te henua » (qui signifie littéralement « le nombril du monde ») est particulièrement connue pour les emblématiques statues de pierre qui s’y trouvent.

Nommées « Moaï », ces statues qui sont au nombre de 887, n’en finissent pas de fasciner les curieux. Pendant plusieurs décennies, les spécialistes se sont en effet interrogés notamment sur la façon dont ces figurines qui pèsent jusqu’à 75 tonnes pour 10 mètres de hauteur, ont pu être construites et déplacées à travers l’île.

Finalement, des chercheurs sont parvenus à la conclusion que les « Moaï » avaient été taillés à l’horizontale directement à partir de la roche du volcan Rano Raraku pour être transportés en position debout, grâce à un système de cordage, maintenu par des « tireurs de cordes », ce qui aurait produit un mouvement naturel de balancier.

Pour autant, l’île chilienne semble cacher bien d’autres secrets. Alors que sa découverte par un navigateur hollandais du nom de Jakob Roggeveen, remonte à l’an 1722, la population locale qui comptait alors plusieurs milliers d’habitants semble avoir complètement disparu à la fin du 19e siècle, aux alentours de 1860.

Les Rapanui, de mauvais agriculteurs ?

Pourquoi une telle disparition ? A l’heure actuelle, on l’ignore mais plusieurs théories ont été évoquées. Maladie, conflits internes, conditions environnementales particulières rudes ou déforestation, les spécialistes ont envisagé des pistes très différentes mais l’une des hypothèses a semblé davantage convaincre que d’autres : celle de l’écocide.

Les histoires que les Rapanui – la communauté polynésienne insulaire – auraient élu domicile sur l’île en 1200, après avoir parcouru le chemin en canoë depuis la Polynésie. Ce ne serait qu’au moment de la rencontre avec les Européens, au 18e siècle, que la balance aurait réellement commencé à basculer en défaveur de la population locale.

A force de tailler les arbres de l’île, la population aurait abouti à une déforestation qui aurait amoindri la construction de canot servant à la pêche. Une pratique qui était pourtant vitale pour les insulaires, dont le poisson constituait la source de nourriture principale. Les Rapanui se seraient alors tournés vers les ressources terrestres que l’île était en mesure de produire.

L’une des hypothèses suggère que la culture de la terre aurait été mal gérée, ce qui aurait entraîné un rapide déclin de la qualité des sols. Une autre affirme que c’est l’érosion des sols qui aurait empêché les Rapanui d’obtenir des cultures viables. Dans les deux cas, la conclusion est la même : les ressources auraient été insuffisantes pour la civilisation devenue trop nombreuse.

Une théorie remise en question

Pour en savoir plus, une équipe de chercheurs de l’Université de Bristol (Royaume-Uni), en partenariat avec l’Université d’Hawaï et de Binghamton, a mené de nouvelles recherches sur cette théorie. A partir de l’étude de restes humains, botaniques et animaux, « nous avons pu dresser un portrait de ce que mangeaient les anciens insulaires et en apprendre plus sur leurs méthodes agricoles », a indiqué Catrine Jarman, auteur principal de l’étude.

Les résultats publiés dans la revue American Journal of Physical Anthropology montrent que les Rapanui n’ont en réalité jamais cessé la pêche puisque la moitié des protéines retrouvées dans leur alimentation provenait de ressources marines. « Nous avons également appris que ce qu’ils obtenaient des ressources terrestres provenait de sols modifiés et qu’ils enrichissaient les sols pour faire pousser les cultures », a expliqué Carl Lipo, anthropologue co-auteur des travaux.

Plus concrètement, les analyses suggèrent que le peuple avait une connaissance approfondie sur la façon de surmonter la mauvaise fertilité des sols, améliorer les conditions environnementales et créer un approvisionnement alimentaire durable. Des performances que les spécialistes ont salué qualifiant les habitants de « très bons agriculteurs ». « Sans surprise, les Rapanui faisaient preuve d’intelligence sur la façon d’utiliser leurs ressources », a relevé Carl Lipo.

Leurs activités démontent une adaptation considérable et une résistance face aux défis environnementaux. Des conclusions qui vont complètement à l’encontre de la théorie de l’écocide voulant que les Rapanui aient épuisé toutes leurs ressources jusqu’à manquer de nourriture.

Plus complexe que prévu 

Mais alors comment cette civilisation a-t-elle pu s’éteindre ? Le groupe de spécialistes porte ses soupçons sur l’arrivée des Européens et des rats avec eux. Potentiellement porteurs de maladies, les rongeurs auraient causé de nombreuses épidémies aux alentours de 1772, faisant peu à peu diminuer la population. Jusqu’à la faire disparaitre ? Difficile de le dire.

Selon Carl Lipo, cette nouvelle étude, comme d’autres recherches avant elle, soutient l’idée que l’histoire de l’île de Pâques est bien plus intéressante et complexe qu’on ne l’avait imaginée.
(Source : Maxi Sciences)

3 réflexions sur “Une nouvelle étude bouscule les théories sur les habitants de l’île de Pâques (vidéo)

  1. Ces théories « bousculées » ne valaient pas grand ‘chose , ayant prétendu notamment que ce peuple s’était adonné à une véritable « révolution » cannibaliste, qu’il avait complètement détruit l’écosystème ( en 400 ans, certes ) !… Tout était faux : pas de surpêche, les sols bien gérés, bien abrités et nourris d’engrais , le bois … Eh bien, il n’y en a pas, depuis des millénaires : de rares cocotiers luttaient ( et succombaient l’un après l’autre ) face au rude climat de l’île … qui n’est séparée des eaux glaciales de l’Antarctique par aucun obstacle !…
    Le véritable visage de l’île de Pâques , « des yeux qui regardent les étoiles » ( « Matakitérani » ) est à rechercher dans les travaux de Francis Mazière ( pas confondre avec Jean-Claude Mézières, dessinateur de Valérian et Laureline ) dont les films diffusés par « Connaissances du Monde » ( années 50, 60, 70 …) étaient tout aussi illustres !… Pourtant, comme Thor Heyerdhal , il ne fit qu’écouter les autochtones et leur fit confiance … sauf sur un point, et il eut tort : quand ils lui affirmèrent que les Moaïs s’étaient à leur point d’ancrage en « marchant » à travers l’île !… Constatant qu’à l’origine, l’île n’était parcourue que par de rares sentiers préhistoriques ( « en file indienne « ) il imagina que les naturels avaient utilisé des rouleaux de roseaux ( un 4×4 paléolithique ! ) pour déplacer les statues hors-chaussée !… Il réalisa une expérience ( avec succès ! ) au cours d’un de des voyageurs , mais manifestement, ne sut jamais qu’il s’était fourvoyé … « par timidité » : il douta de ses amis !… Pourtant, il disposait d’un atout maître : son épouse Tila était la fille du dernier roi de Tahiti et avait été à la « Parole Sacrée » et donc put communiquer avec les plus anciennes « mémoires » de l’ancien peuple : « Rapa Nui » ( la Grande Rame ) est le nom donné par la population Maori qui succéda au peuple originel , victime d’un génocide à la fin du XIX° siècle : en 1877, les Haumakas étaient réduits à 111 individus, après les raids des marchands d’esclaves qui déportèrent les Pascuans sur les gisements de phosphate du Pérou ( iles Guano) !… Les autorités françaises les délivrèrent, mais à leur retour, la quinzaine de survivants contaminèrent leur propre peuple avec la syphilis et la tuberculose péruviennes !… On considère que la culture des Moaïs disparut à « la Belle Epoque », leurs prêtres-chamanes et bardes-conteurs ayant succombé aux maladies !…Mais pas par leur faute, loin de là, comme une certaine science dogmatique a prétendu le faire, depuis une quarantaine d’années, quand l’union entre Science et Magie a perdu son influence et que les « caciques » ont pris leur revanche sur les « Magiciens » !… Le Réalisme Fantastique a droit aussi à sa revanche !…

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