Google Home, l’enceinte connectée avec assistant virtuel (vidéo)

L’appareil, commercialisé en France jeudi 3 août, pose des questions importantes sur la vie privée.

Il ressemble, au choix, à une minilampe design ou à un vase un peu tristounet : Google Home, l’enceinte connectée de Google, débarque en France jeudi 3 août – elle est proposée à 149 euros chez la plupart des grandes enseignes. Et devance l’arrivée dans l’Hexagone de ses principaux concurrents, dont l’Echo d’Amazon. Pixels a pu le tester plusieurs jours.

Que vaut cet étrange objet, à mi-chemin entre l’enceinte Bluetooth, la radio, et l’assistant vocal du téléphone ? Difficile de dissocier le test du Google Home et celui de son inséparable composant : l’assistant Google, connu seulement des utilisateurs qui disposent des toutes dernières versions d’Android aux Etats-Unis. Cet assistant vocal devrait débarquer prochainement sur les téléphones Android en France, au moins pour les possesseurs d’un appareil disposant des toutes dernières mises à jour d’Android.

Or, Google assistant est à la fois l’interface, la voix (féminine) et l’âme du Google Home : son intelligence artificielle répond aux questions, confirme qu’il a bien compris une demande, présente vos rendez-vous de la journée…

L’adaptation en français est plutôt réussie, avec de petits clins d’œil aux expressions régionales et des phrases impeccablement traduites. Mais la voix du Home reste robotique, un peu saccadée, et lorsque des mots anglais se glissent dans la conversation, il peine un peu à suivre. Une demande pour lancer l’album OK Computer de Radiohead est ainsi accueillie par un enthousiaste « Voici l’album ok compiouté sur Spotify ».

Plus amusants que vraiment gênants, ces petits défauts rappellent toutefois à chaque instant que l’on ne discute pas avec un être humain – ce qui n’est peut-être pas plus mal.

De toute façon, au cours de notre test, le Home a prouvé à plusieurs reprises qu’il n’était pas encore prêt à réussir un test de Turing (ou de Voight-Kampf) et à tromper un examinateur sur sa vraie nature de logiciel. Par exemple en listant à plusieurs reprises une même liste de commerces, en réponse à plusieurs questions qui n’avaient rien à voir avec une recherche de magasins ; ou encore en répondant, en anglais dans le texte, par un énigmatique « Sorry power control is not yet reported » à une question anodine.

Micros très performants

L’assistant bute parfois sur des requêtes que nous, simples humains, estimons très simples : après une demi-douzaine d’essais, nous n’avons pas réussi à lui faire dire quel jour du mois tombait le prochain dimanche. Il ne répond pas non plus aux demandes d’urgence – il lit la fiche Wikipédia « médecine » quand on lui demande de trouver un médecin de garde.

L’assistant s’apprivoise cependant : avec un peu de pratique, on apprend à formuler ses demandes pour qu’il les comprenne mieux. Et Google Home ne perd pas une occasion de vous rappeler qu’il « apprend encore » – la version testée, avant son déploiement grand public, ne tirait pas encore parti des données qui seront recueillies auprès des utilisateurs pour améliorer le service.

Si le Home ne comprend pas toujours, il entend très bien. Ses deux micros sont très sensibles, sa reconnaissance vocale est excellente, même avec du bruit de fond, à tel point que l’assistant est capable de comprendre une demande émise depuis la pièce d’à côté – avec la porte ouverte, et dans un appartement parisien dont la taille est loin d’être démesurée.

« Si le Home ne comprend pas toujours, il entend très bien »

De quoi se poser très légitimement des questions sur la collecte des données et ce que l’appareil enregistre. Pour parer aux suspicions, Google a mis en place deux verrous : l’assistant écoute en permanence, mais ne transmet des données que lorsque le mot-clef « ok Google » a été détecté. Et un gros bouton situé au dos de l’appareil permet de couper physiquement le micro.

Un impact indirect sur la vie privée

Reste que des exemples récents ont montré que ce type d’appareils pouvait aussi être détournés pour se transformer en micros de surveillance, et que l’idée d’avoir un appareil d’écoute passive dans son salon ou sa cuisine, qui entend aussi ce qui se passe dans la chambre à coucher dans un petit appartement, n’est pas des plus rassurantes.

L’application (Android ou iOS) qui permet de paramétrer l’appareil joue la transparence concernant les données collectées : on peut y trouver un historique des demandes transmises aux serveurs de Google.

Mais cette fonction a aussi un impact indirect sur la vie privée qui peut être gênant : en l’absence de comptes familiaux (qui n’existent pour l’instant qu’outre-Atlantique), le gestionnaire de l’application a accès à la liste des requêtes de l’ensemble des personnes vivant dans le foyer. A l’installation, Home conseille d’ailleurs de prévenir ses proches sur ce point…

Les interactions avec l’assistant oscillent entre le frustrant et le pratique – il peut traduire des phrases, répond correctement et immédiatement à des questions simples et factuelles (« Qui est le président des Etats-Unis ? », « Combien pèse un éléphant ? »), et on déconseillerait de l’affronter au Trivial Pursuit.

On s’amusera quelque temps à tenter de piéger l’intelligence artificielle en lui posant des questions sur ses parents (« mes ingénieurs sont ma famille »), la religion (« Je n’y connais pas grand-chose, mais je peux faire des recherches »), voire des suggestions légèrement graveleuses (« Tu portes quoi ? » « Je préfère rester dans le simple appareil »).

Excellente enceinte

Mais après quelques jours d’utilisation, c’est clairement la partie musicale de cette enceinte connectée qui s’avère la plus utile. Connectée à un compte Play Musique, Spotify ou Deezer, elle lit les albums sur commande de manière simple et efficace, on peut sauter des morceaux ou gérer le volume à la voix, ce qui est pratique par exemple dans une cuisine – où la possibilité de régler un minuteur d’une phrase est également utile.

Surtout, le son de cette petite enceinte est excellent, avec des basses bien équilibrées, un son net et sans saturation, et une diffusion à 360 degrés. L’écoute de la radio est un peu plus mitigée – lors de nos tests, l’application Tune in « sautait » régulièrement, obligeant à relancer la radio.

Son installation est également très simple : une fois la prise électrique branchée, l’application prend tout en main pour associer les périphériques éventuels (Chromecast, ampoules Hue connectées…) et se synchroniser avec vos comptes de streaming musical.

Au final, Google Home tient ses promesses : c’est une enceinte connectée efficace et simple, très bien conçue, avec un assistant aux fonctionnalités encore limitées mais qui devrait progresser. Les inconditionnels de Google Now apprécieront, malgré l’absence de certaines des fonctionnalités les plus utiles de l’autre assistant virtuel de Google.

Reste qu’il est difficile pour Pixels de recommander l’achat d’une enceinte qui est aussi un micro-ouvert en permanence, malgré les précautions prises par Google – au-delà des questions de pure sécurité informatique, Home est aussi un point de rencontre entre l’activité numérique de toutes les personnes de la famille, avec son cortège de risques.

(Source : Le Monde)

 

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