Les prémices d’une « désintégration incontrôlable » en Antarctique

Quatre journalistes du New York Times ont rejoint une équipe de l’Université de Columbia en Antarctique à la fin de l’année dernière afin d’étudier les derniers changements du continent blanc.

Le New York Times a publié il y a quelques jours la première partie d’un reportage immersif sur l’Antarctique intitulé: « Des kilomètres de glace qui se jettent dans la mer ». À travers des cartes et des vidéos interactives, les journalistes partagent leur voyage en collaboration avec l’Université de Columbia et montrent comment la fonte de la glace s’est accélérée au cours des années. Cette accélération « fait croire à certains scientifiques que la couche de glace de l’Antarctique peut être entrée dans les premiers stades d’une désintégration incontrôlable. »

Pire des scénarios
Le destin de l’Antarctique, une surface de 14 millions de kilomètres carré recouverte d’une couche de glace à 98%, est intimement lié à celui de nombreuses villes côtières de la planète, comme Miami, New York, Amsterdam, ou Shanghaï. Dans le pire des scénarios, une désintégration rapide de l’Antarctique pourrait entraîner une montée des eaux tellement soudaine qu’elle forcerait des dizaines de millions de personnes à se réfugier à l’intérieur des terres, une crise potentiellement dévastatrice dans nos sociétés. Autrefois, les scientifiques considéraient cette hypothèse comme une histoire inventée par Hollywood mais aujourd’hui, ils sont incapables de l’éliminer avec certitude.

Course contre la montre
Au mois de janvier, l’Agence américaine océanique et atmosphérique (NOAA) estimait « plausible » une montée du niveau moyen des eaux « de 2 à 2,7 mètres d’ici 2100 » au vu des dernières études et observations, portant notamment sur les glaces antarctiques et en particulier sur leur instabilité. Pour tous les scientifiques qui travaillent en Antarctique, la situation est devenue une course contre la montre. Mais si la menace du réchauffement climatique se précise, ils font face à un manque d’information frustrant. « Notre objectif est de comprendre comment prédire ce qui va arriver aux couches de glace », déclare Robin E. Bell, un chercheur qui étudie la Barrière de Ross depuis deux ans. « Nous ne le savons pas vraiment en ce moment. »

Quelle température?
Même si l’Antarctique nous semble bien loin, « chaque personne dans le monde qui rentre dans une voiture, mange un steak ou monte à bord d’un avion contribue aux émissions qui mettent le continent gelé en danger », indique encore le New York Times. Si ces émissions continuent, cela ne fait aucun doute que de grandes parties de l’Antarctique se fondront dans la mer. Mais les scientifiques ignorent quelle température va déclencher ce phénomène, et si la Terre l’a déjà atteinte. « Quelle chaleur est trop chaude? », se demande Richard B. Alley, de l’Université d’État de Pennsylvanie.

(Source : 7s7, New York Times)

3 réflexions sur “Les prémices d’une « désintégration incontrôlable » en Antarctique

  1. La crainte et la curiosité sont liés. Pourquoi ces deux là seulement ? Parce qu’elles forment un couple : affectif et cognitif.

    Quand la crainte augmente face à la fonte des glaces de l’Antarctique, la curiosité augmente à son tour. Et cette curiosité est assaisonnée par le doute. Si bien que, loin de calmer la curiosité, la crainte alimente le doute. Au fond, c’est une affaire de goût. Bref, on ne veut pas savoir d’avance ce qui va se passer, sans l’avoir d’abord expérimenté. On veut donc le voir, pour le croire ou le savoir vraiment. Même si ça ne suffit pas toujours.

    Et quand le changement mis en jeu est planétaire, nouveau, jamais observé de mémoire d’homme, eh bien il peut arriver qu’on attende de le voir se compléter pour analyser en détail toutes ses facettes et y croire enfin vraiment ou en retirer des leçons pratiques nécessaires, concernant le changement forcé qui en résulte dans nos modes de vie. Même si c’est trop tard.

    C’est plus ou moins comme ça depuis le commencement du monde ! On peut encore l’observer tous les jours, à diverses échelles de grandeur, et dans à peu près n’importe quel domaine de l’activité humaine. 😉 Généralement, changer nos coutumes acquises depuis longtemps ne se fait pas sans résistances. Surtout quand il y a de fortes dépendances qui contrecarrent le changement de nos comportements.

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