A Pékin, un cygne noir jugé néfaste chassé d’un quartier d’affaires

1La sculpture d’un cygne noir — emblème dans le jargon financier d’un évènement inattendu susceptible d’ébranler les marchés — a été retirée quelques heures seulement après son installation en face des bureaux du régulateur chinois de la Bourse.

L’animal en bronze peint, conçu par l’artiste chinois Guo Jian, a été installé tôt lundi dans un centre commercial pékinois situé juste en face des bureaux de la Commission de régulation des marchés financiers (CSRC) dans la capitale.

Peu après dans la journée, des employés du centre commercial le couvraient d’un grand drap sombre et l’emportaient, a indiqué le quotidien Fazhi Wanbao.

« Ce n’est pas seulement la CSRC qui a une aversion pour les cygnes noirs, le monde financier tout entier les déteste », s’est amusé un internaute sur le réseau social Weibo, où l’oiseau réveillait les inquiétudes de boursicoteurs superstitieux.

Le « cygne noir » est le nom donné par le philosophe Nassim Taleb à un évènement imprévisible, peu probable, mais qui, s’il a lieu a des conséquences considérables et dévastatrices. Concernant les marchés financiers, l’expression avait fait florès lors de la crise de 2008.

En Chine, les investisseurs restent traumatisés par l’effondrement spectaculaire, à l’été 2015, de la Bourse de Shanghai, qui avait perdu plus de 40% de sa valeur en trois mois, sur fond de panique générale.

L’artiste Guo a confié mardi à l’AFP qu’il n’avait absolument pas songé aux marchés financiers lorsqu’il a conçu son « cygne noir », inspiré par l’art nippon de l’origami (papier plié).

« Je voulais simplement montrer le mystère et la fragilité d’un oiseau rare (…) Je n’ai absolument aucune connaissance financière, je ne boursicote même pas! », a-t-il indiqué. « Et j’ignore qui s’est plaint de l’installation de ma sculpture ».

Il ne sait pas non plus où son oeuvre, qui avait déjà été exposée en 2014 à Pékin, a été emmenée. La CSRC n’a pas pu être jointe par l’AFP.

Ce n’est pas la première fois que d’innocentes sculptures animales sèment le grabuge: début 2016, le même centre commercial de l’ouest de Pékin avait dévoilé les sculptures de deux ours, personnages d’un dessin animé.

Or, un « bear market » (« marché ours ») désigne en anglais — comme en mandarin — une Bourse orientée à la baisse où les prix ne cessent de s’enfoncer. Devant l’émoi suscité, le centre commercial les avait très rapidement enlevés.

(Source : AFP)

3 réflexions sur “A Pékin, un cygne noir jugé néfaste chassé d’un quartier d’affaires

  1. Être si dépendant des aspects néfastes comme ca dénote une manque de confiance en soi phėnoménale!!!!! ..dans tous les domaines …parce que ça va que c une sculpture!!! Mais pour les animaux noirs c pareils….ce que les gens peuvent être cons c pas mesurable…car incommensurable..justement….

  2. Allez savoir. Ce signe noir, c’est un peu comme un trou noir qui peut littéralement absorber, pour ne pas dire anéantir, tout ce qu’on projette sur lui. Bref, une sorte d’ego symbolique aussi fascinant qu’inquiétant, peut-être surtout pour ceux qui valorisent particulièrement leur ego. Laissez mijoter, aussi longuement que désiré.😉

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