Une entreprise veut lancer des satellites depuis… des ballons gonflés à l’hélium (vidéo)

captureLa société zero2infinity a annoncé son intention de procéder à des lancements de satellites via une capsule amenée à haute altitude par un ballon à hélium, puis de s’attaquer au marché du tourisme spatial.

La mise en orbite d’un satellite est aujourd’hui une opération très lourde. Certes, il est possible de partager le coût d’un lancement (50 à 120 millions d’euros) en lançant plusieurs satellites avec la même fusée. Mais entre les contraintes liées aux fenêtres de tir, aux conditions météos et à la logistique propre à chacun des opérateurs de satellite participant au « covoiturage » dans la même fusée, de nombreux obstacles repoussent souvent de plusieurs mois les dates de lancement espérées.

Pour palier ces inconvénients, la société espagnole Zero2infinity a imaginé une solution innovante : procéder à un lancement en altitude à l’aide d’un énorme ballon gonflé à l’hélium. Ainsi nul besoin d’utiliser de gros lanceurs très puissants pour s’arracher à l’attraction terrestre. « Nous résolvons le problème de l’accès à l’espace d’une manière totalement différente: nous sortons de l’atmosphère en utilisant des ballons volant à haute altitude, à bas prix et propres, une technologie bien conçue et arrivée à maturité« , a déclaré M. López-Urdiales, le PDG et fondateur de Zero2Infinity dans un entretien à l’AFP en marge du Forum mondial sur les risques spatiaux, qui s’est tenu du 2 à 4 novembre 2016 à Dubaï.

 Le projet, baptisé « BlooStar » consiste en effet à faire monter très haut (jusqu’à 400 kilomètres si l’on en croit ce schéma un brin optimiste) une petite fusée pourvue de trois étages concentriques, tractée par un ballon gonflé à l’hélium. Puis, à l’altitude voulue, la fusée est larguée et mise à feu. Elle largue ensuite ses étages de manière classique jusqu’à déposer la charge utile sur l’orbite visée.
Séquence de lancement telle que l'imaginent les équipes de Zero2Infinity. © BlooStar/ Zero2infinity

Séquence de lancement telle que l’imaginent les équipes de Zero2Infinity. © BlooStar/ Zero2infinity

La séquence de lancement idéale est décrite dans la vidéo ci-dessous. Notez que lorsque le ballon décolle, il est très peu gonflé, de manière à ce que l’hélium ait l’espace pour se dilater considérablement lorsque la pression va se réduire en altitude. Si le ballon était plus gonflé, il risquerait d’éclater. On remarquera aussi la faible protection que représente la coiffe de la mini fusée qui, contrairement aux lanceurs traditionnels, n’est pas pourvue d’une véritable coiffe visant à protéger la charge utile des frottements avec l’atmosphère. Ces frottements étant pratiquement inexistants à très haute altitude, la petite fusée peut donc s’affranchir d’un tel bouclier.

Les spécifications de cette fusée prévoient qu’elle puisse emporter de petites charges d’environ 2m de diamètre sur un peu plus d’un mètre de haut. Elle pourra mettre ainsi en orbite basse de petites charges allant jusqu’à 75 kilos. Si en revanche l’objectif n’est « que » d’atteindre une altitude inférieure à 100 kilomètres, le dispositif peut, sur le papier du moins, lever jusqu’à 6 tonnes de charge utile.

Le lancement de sondes ou de satellites pratiqué depuis les airs n’est pas en soi une nouveauté. Une cinquantaine de lancements spatiaux réalisés à l’aide d’une fusée attachée sous un avion porteur ont déjà eu lieu depuis 1990. Le dernier en date (réussi) a été le satellite IRIS, destiné à observer le soleil. Ce satellite a été lancé le 27 juin 2013 depuis le L-1011, l’avion porteur de la société américaine Orbital ATK. Société qui envisage par ailleurs d’effectuer des lancements à plus grande échelle, via un avion géant. Toutefois, réaliser ce type de lancement depuis un ballon dans le cadre d’un lancement commercial est encore inédit. Fondée il y a 7 ans, la société Zero2Infinity a déjà à son actif une trentaine de vols d’essai en haute altitude, menés par des prototypes. En témoigne cette vidéo à 360° tournée le 12 novembre 2012 au dessus de León, en Espagne. Mais aucun lancement de cette mini fusée n’a encore été tenté.

Mais les lancements de satellites ne sont que l’une des possibilités qu’envisage l’entreprise. « La première étape sera l’envoi de satellites, puis de professionnels, de scientifiques et d’astronautes« , avant d’ouvrir la voie à des touristes, a indiqué José Mariano López-Urdiales. « De là, les possibilités seront illimitées« , a-t-il ajouté. « On peut offrir l’expérience visuelle qu’ont les astronautes » en permettant d’admirer la courbure de la Terre, l’obscurité de l’espace, les étoiles et les planètes avoisinantes. Le voyage prendrait, selon lui, environ 5 à 6 heures, « plus qu’assez pour se souvenir vraiment de l’expérience« . L’entrepreneur imagine la mise en service de ce projet baptisé « Bloon » d’ici 2018. Mais pour admirer de vos yeux la courbure de la Terre, il faudra tout de même débourser environ 110.000 euros.

(Source : Sciences & Avenir, AFP)

Vidéo 360°

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