Visiter l’Histoire par la régression dans les vies antérieures ?

1Si la réincarnation existait, serait-il possible de régresser vers des vies antérieures afin de revisiter l’histoire de l’humanité ? Les recherches de la psychologue Helène Wambach laissent perplexes…

Une légende Grecque raconte qu’après avoir passé un temps dans le monde de Hadès, des âmes peuvent obtenir le droit de revenir dans un nouveau corps. Mais avant de sortir de cette demeure infernale, elles doivent boire les eaux du Léthé, le fleuve de l’oubli qui provoque l’amnésie. Serait-il possible de retraverser le fleuve de l’oubli pour retrouver des mémoires de vies ‘‘passées’’ et ainsi remonter le court de l’histoire de l’humanité ? C’est ce que semblent avoir fait les cobayes de la psychologue Helène Wambach. Les témoignages de leurs régressions hypnotiques dans des vies ‘‘antérieures’’, riches en détails historiques avérés, surprennent.

Une expérience déroutante

1966. Lors de la visite d’un musée, Helen Wambach se retrouve dans un pièce remplie de vieux livres. L’un d’entre eux l’attire, elle le prend dans les mains. Elle est alors projetée dans une scène dans laquelle elle est assise sur une mule traversant des champs de chaume avec le même livre posé devant elle. Elle ressent fortement que cet ouvrage lui a déjà appartenu. C’est un choc pour cette américaine qui n’a jamais « éprouvé d’élans mystiques », confie-t-elle dans Revivre le passé. Elle est psychologue au centre médical et professeur de psychologie à la faculté de Mount Holly dans le New Jersey.

Voulant comprendre, elle développe une technique de régression hypnotique…

Voulant comprendre, elle développe une technique de régression hypnotique et monte l’une des premières études sur l’hypothèse de la réincarnation dans le cadre d’un protocole universitaire. Elle fait régresser 1 088 personnes trois fois ‘‘au-delà’’ de leur naissance, ce qui donne un total de 3 264 séances. Les participants semblent ‘’retrouver’’ des vies passées. Ils sont alors invités à observer minutieusement les vêtements qu’ils portent, les ustensiles ou outils qu’ils manient, les habitats dans lesquels ils vivent, les métiers qu’ils pratiquent, la nourriture qu’ils mangent… Après les séances, la psychologue leur fait remplir des questionnaires. Elle analyse les données, dresse des statistiques. Les résultats sont pour le moins troublants.

Ouvrir nos mémoires profondes

L’homme a de tout temps développé des techniques d’élargissement de la conscience. Reprises et affinées par des thérapeutes contemporains, elles permettent d’atteindre des couches profondes de la psyché : transe, régression, hypnose, association libre… Ainsi, du matériel apparait dans la conscience du sujet. Il pourrait contenir des données dites « transpersonnelles » : des informations qui ne dépendent pas de l’individu qui les captent mais qui proviennent d’un niveau transgénérationnel, archétypal, extrasensoriel ou karmique (vies antérieures). Le tri n’est pas toujours aisé à faire dans ce matériel foisonnant, cependant nombreux sont les cas qui rapportent des informations déroutantes.

Visiter l’histoire ?

Les données du Dr Wambach semblent concorder avec ce que nous savons de l’Histoire. Cependant, du fait qu’elles ne concernent que des détails de la vie quotidienne et non des événements historiques précisément datés, elles ne peuvent être réellement objectivées. Il n’en reste pas moins que la psychologue rapporte des descriptions d’us et coutumes saisissantes. « Vers 1500, je reçus mon premier signalement d’une fourchette à trois dents. Dès le XVIIIe siècle, plus de la moitié de mes sujets mangeaient avec une fourchette à trois dents. L’usage de cet ustensile – apparemment plus large que nos couverts actuels et généralement en métal – se confirme jusqu’aux alentours de 1800. Le premier exemplaire d’une fourchette à quatre dents est décrit dans une régression de 1790. Dès 1850, son usage s’étend à la majorité des sujets. » Ces informations, comme beaucoup d’autres – la nourriture consommée, la forme des chaussures ou des vêtements, l’usage de pièces de monnaie et ou de billets de banque… -, correspondent aux rapports des historiens.

Comment expliquer la cohérence et la précision de ces 3 264 témoignages ?

Certains récits vont même parfois à l’encontre d’idées que se font les personnes d’une époque ou d’une région. Cinq personnes se retrouvent par exemple dans le nord de l’Iran ou vers le Pakistan entre 2000 et 1000 av. J.-C. Ils sont surpris de se voir avec la peau blanche, les cheveux châtain ou blonds et portant des culottes de cuir. En faisant des recherches dans des archives historiques, la psychologue trouve qu’effectivement en ce temps là, cette zone était peuplée par des nomades caucasiens à la peau blanche portant des culottes de cuir. Autre exemple : un jeune homme se retrouve dans une iles du Pacifique sud en l’an 800 en train de manger une sorte de noix qu’il ne connaît pas. A la suite de sa régression, il pointe l’Indonésie sur une carte géographique. Il s’avère que la variété de noix qu’il a décrite ne pousse qu’à Bali.

Réincarnation ?

Les séances d’Helen Wambach ne restent pas sans effet thérapeutique. Les cobayes ont l’impression de retrouver des vies qu’ils ont réellement vécues avant la leur. Ils semblent aussi souvent mettre à jour des situations qui pourraient expliquer leurs pathologies actuelles. A la suite des séances, certains de leur symptômes psychologiques – notamment des phobies – et physiques disparaissent. Que penser de tout cela ? Comment expliquer la cohérence et la précision de ces 3 264 témoignages s’ils étaient issus de l’imaginaire de chacun ? Seuls 11 récits présentent des anachronismes historiques.

Le Dr Wambach penche pour l’hypothèse de la réincarnation. « Tous les éléments présentés tendent à soutenir la thèse d’après laquelle les remémorations de vies antérieures reflètent bien le passé et ne sont pas des constructions imaginaires » indique la psychologique. Son étude ne permet pas de valider l’hypothèse de la réincarnation. Elle est une pierre apportée à un édifice qui laisse entrevoir un phénomène remarquable. « Etre un spécialiste de l’esprit humain veut dire que l’on devrait sans cesse s’incliner devant ses mystères », conclu la psychologue.

(Source : INREES)

2 réflexions sur “Visiter l’Histoire par la régression dans les vies antérieures ?

  1. Comme on dit dans un procès : il importe d’abord de bien discerner les «faits» rapportés, des «interprétations» qu’on en donne par la suite. Les confondre dans la procédure génère confusions. Ensuite, on procède à l’analyse minutieuse des données factuelles recueillies. Enfin, à partir des conclusions ainsi obtenues, on passe aux discussions critiques.

    Le travail principal de la psy Helen Wambach m’intéresserait surtout par tout ce qui gravite autour de la collecte des faits. Mais je n’ai pas lu ses ouvrages. Il y a aussi Michael Newton qui a utilisé la même méthode d’hypnose régressive, dont il a rapporté les résultats dans une perspective un peu différente.

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