Pour une aquaculture durable et diversifiée (vidéo)

1Comment transformer l’aquaculture européenne en une activité économique plus verte, plus performante et plus rentable ?

C’est tout l’objet d’un vaste projet de recherche européen intitulé IDREEM et mené sur sept sites pilotes en Europe. Il s’agit grâce à une technologie appelée “Aquaculture multitrophique intégrée” d’encourager la production durable d’espèces aquacoles diverses en parallèle de fermes piscicoles. Un outil qui peut contribuer à revitaliser l’industrie aquacole dans l’Union dont la croissance se situe entre 1 et 2% chaque année alors que l’industrie mondiale progresse pour sa part, de 8 à 9%.

Le long de la côte de l’ouest de l’Ecosse, nous nous rendons sur une ferme piscicole en mer où l’on produit environ mille tonnes de saumons chaque année. Nous sommes en compagnie de biologistes marins qui estiment que l’aquaculture européenne peut devenir plus imaginative, plus rentable, plus performante et plus durable.

En plus des saumons, l’entreprise qui gère cette ferme piscicole prévoit de récolter sur place, environ 150.000 pétoncles et 60 tonnes de moules sur l’année, et ce grâce à une technologie en cours de test baptisée “Aquaculture multitrophique intégrée” (AMTI). D’autres espèces sont élevées près des cages à saumons, en partie grâce aux nutriments qu’ils n’ont pas absorbés.

Une opération gagnante à plusieurs niveaux

Ce qui présente plusieurs avantages d’après David Attwood, biologiste marin et directeur aquacole à The Scottish Salmon Company : “Pour l‘élevage de saumons, on espère de cette manière, pouvoir réduire la quantité de phytoplancton et nous attaquer aux parasites comme les poux de mer, indique-t-il. Mais on espère aussi que cette technologie nous aidera à limiter notre empreinte carbone tout en tirant profit de la culture d’autres espèces que nous pourrons vendre pour l’alimentation,” affirme-t-il.

Cette technologie est au coeur d’un vaste projet de recherche européen appelé IDREEM, mené sur sept sites en Europe. Objectif : identifier les conditions idéales et les obstacles à surmonter pour produire différents types de fruits de mer à proximité des fermes piscicoles traditionnelles. “Dans de nombreux pays, on manque de connaissances sur les espèces que l’on peut élever, souligne Adam Hughes, coordinateur du projet IDREEMet biologiste marin de l’Association écossaise de science marine (SAMS). C’est vraiment important en Méditerranée où les conditions sont très différentes d’ici : là-bas, il y a très peu de nutriments et une combinaison d’espèces très différente, dit-il. Et puis il y a les enjeux économiques : on doit concevoir cet élevage simultané de manière à ce qu’il soit rentable pour les entreprises aquacoles, donc il doit y avoir un bon marché pour les espèces produites en parallèle,” insiste-t-il.

Boom du marché des algues

L’un des marchés en plein essor, c’est celui des algues qui aujourd’hui, sont utilisées dans l’alimentation et la pharmacie. “L’une des raisons pour lesquelles les algues que nous cultivons ici poussent bien, explique
Lars Brunner, biologiste marin de l’association SAMS, en nous montrant des spécimens, c’est qu’elles se trouvent dans le voisinage des cages à saumons.”

Des échantillons d’algues, mais aussi d’autres espèces produites en annexe, sont examinés en laboratoire pour mieux connaître la manière dont elles se développent. “On examine leur longueur, leur poids, leur présence disparate sous la mer pour voir si elles se développent davantage quand elles sont plus proches des cages à saumons, précise Lars Brunner. Nos partenaires s’intéressent aussi à la composition des algues : donc, ils étudient ce que les algues absorbent et prélèvent quand elles se développent sur le site : par exemple, leurs niveaux de nutriments, si elles prélèvent des choses comme l’ensemble des métaux lourds, énumère le biologiste avant d’ajouter : On analyse aussi les composés chimiques naturels pour savoir s’ils sont modifiés du fait de la proximité des élevages de saumon.”

Quel impact sur l’environnement ? Quelles retombées économiques ?

Les scientifiques veulent déterminer avec la plus grande précision, quelles sont les meilleures pratiques offertes par cette technologie et quel en est l’impact réel sur l’environnement et la santé des espèces. Par la suite, on pourra s’intéresser aux retombées économiques.

“L’industrie aquacole européenne a un réel besoin de développement parce qu’elle est en train de stagner alors que le marché mondial de fruits de mer augmente, assure Adam Hughes, coordinateur du projet. Cette approche peut faire partie des outils qui permettent de développer l’industrie en la faisant sortir de la production unique de poissons, en créant des emplois, des opportunités et de nouveaux produits,” estime-t-il.

Favoriser la croissance durable de l’aquaculture permet aussi de lutter contre la surpêche. Aujourd’hui, cette industrie ne couvre que la moitié de la demande mondiale en poissons et fruits de mer.

Cette approche est déjà employée dans certains pays d’Asie et au Canada.

(Source : Euronews)

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