Groupe PSA imagine et anticipe l’usine du futur (vidéo)

Visible YouTube, vidéo présente l'usine « idéale » permettra s'adapter aux creux pics commandes personnaliser véhicules.Le groupe automobile planche sur l’usine de 2030, dont quelques projections se concrétisent déjà sur les lignes de production. Rencontre avec Yann Vincent, directeur industriel, et Isabelle Edessa, responsable de l’open innovation et des relations avec les start-up.

Dans un hangar épuré, un opérateur équipé d’un micro-ordinateur au poignet valide le contrôle qualité. A ses côtés, un laser supervise le travail de l’atelier ferrage. Plus loin, un robot mobile contrôle l’assemblage final de ce véhicule sur mesure. En cas de dérive, il envoie instantanément les informations de correction aux robots des fournisseurs. Bienvenue chez Groupe PSA en 2030 . Vue d’architecte ? Rêve de futurologue ou message subliminal à l’encontre de salariés ? Synthèse des réflexions d’ingénieurs de Groupe PSA, de start-up et de prospectivistes. « Ce scénario ne se concrétisera pas tel quel après-demain, mais certains éléments sont déjà visibles sur les sites d’assemblage, tels que le transport de pièces par chariot automatique en bord de ligne, le contrôle automatique et le « full kitting » », énumère Yann Vincent, directeur industriel de Groupe PSA.

Aujourd’hui, en usine, le robot assiste déjà l’opérateur mais il est « encagé ». Afin de protéger les salariés des mouvements aléatoires, il n’est pas libre de ses mouvements. « Demain, la technique des chariots filoguidés – guidés par une bande magnétique – permettront aux robots, libérés des rails, d’exécuter des tâches risquées, voire pénibles », espère Yann Vincent. L’humain, de son côté, conserverait les tâches à valeur ajoutée, la réflexion et le pouvoir de décision. Sur certains contrôles de process, l’oeil humain a pourtant déjà perdu le match : « Les microfissures à l’emboutissage par exemple sont impossibles à voir à l’oeil nu. Le contrôle par caméra est indispensable. »

Le « full kitting » est également entré à l’usine. Utilisée en test dans l’usine de Valenciennes, cette méthode permet de trier et d’acheminer automatiquement les pièces détachées vers les lignes de production, épargnant des trajets inutiles aux opérateurs.

Si la vidéo de Groupe PSA est disruptive, c’est parce qu’elle propose un changement de paradigme : « Ce n’est plus l’homme qui vérifie le travail du robot, ou vice versa, c’est l’ère de la collaboration entre eux, de la cobotique », poursuit le directeur industriel. En toile de fond, Groupe PSA vise l’usine excellente, au coeur de la stratégie du groupe. « L’usine du futur est un phare qui éclaire ce qu’il faut viser, c’est un référentiel de l’usine excellente. » A l’image de ce qui est montré dans la vidéo, le numérique permettrait la polyvalence des opérateurs : grâce à la réalité augmentée, ils réaliseraient plusieurs opérations successives. Un rêve éveillé, « car, pour l’heure, sur un temps de cycle de 30 secondes, il est inenvisageable de consulter ses Google Glass pour la formation en continu », reconnaît Yann Vincent. Reste que la réalité augmentée s’est bel et bien introduite sur site, notamment pour la mise au point des trajectoires de peinture.

Attirer les start-up

En montrant le chemin que pourrait emprunter l’automobile, le film sur l’usine du futur est avant tout utilisé à des fins « pédagogiques » : « Dans mes relations avec des interlocuteurs qui ne sont pas ingénieurs, il permet de faire comprendre les bénéfices de l’innovation et de concrétiser cette continuité numérique, le digital envahissant toute la chaîne de production, depuis la supply chain jusqu’à la livraison », explique Yann Vincent.

A l’externe, il est également utilisé pour attirer des start-up : « Depuis deux ans, pour nourrir cette transformation, nous cherchons activement des pépites », reconnaît Isabelle Edessa, responsable de l’open innovation de Groupe PSA. Le groupe, coutumier depuis peu des appels à innovation, a d’ailleurs coorganisé en janvier un « Innovation Datings », autour du thème de l’usine connectée, flexible, attractive et « eco-friendly ». Parmi les sous-thèmes, les robots collaboratifs, la simulation par réalité virtuelle, l’assistance cognitive pour les opérateurs, le Big Data pour le contrôle qualité, etc. A l’issue des pitchs, une dizaine de start-up ont été retenues. « Depuis, les échanges se poursuivent, car même si la start-up permet de gagner du temps, la solution sur étagère existe rarement. Toute solution innovante implique d’être travaillée ensemble, ne serait-ce que pour évaluer si elle peut être appliquée à l’automobile », témoigne Isabelle Edessa, en charge de fluidifier les relations avec les jeunes pousses.

« Full kitting » pour tous

Auprès des syndicats, en revanche, le film ne fait pas un tabac. Sceptiques, ils craignent pour l’emploi, car le film met en scène des robots presque aussi nombreux que les salariés… « Notre angle d’attaque, c’est la quête de performance, l’amélioration de la qualité et la réduction des coûts. Seuls les éléments technologiques qui permettent d’atteindre ces cibles seront retenus », argumente Yann Vincent, qui plaide pour un appareil industriel souple permettant de s’adapter aux pics et aux creux des commandes. « Les robots permettront d’envisager des usines flexibles aux volumes et aux mix produits. Or cette absence d’agilité devient actuellement un handicap sérieux, notamment face à des effets réglementaires et géopolitiques difficile à anticiper. »

En attendant l’usine du futur, la modernisation et l’optimisation des sites se poursuit. Dès 2017, toutes les usines passeront au « full kitting » pour gagner en compétitivité. Le site de Mulhouse-Sausheim, en Alsace, doit devenir l’usine de référence. 400 millions d’euros seront consacrés sur trois ans à la modernisation de la mécanique, de l’emboutissage, du ferrage du montage. Numérique et connectée, cette usine utilisera la modélisation 3 D et la réalité augmentée pour simuler des postes de travail, la communication RFID pour la traçabilité des pièces, des robots collaboratifs qui soulageront les opérateurs des tâches pénibles – une vertu contestée par les syndicats. « N’oublions pas qu’il y a deux ans encore, PSA était au bord du précipice », conclut Yann Vincent.

(Source : Les Echos)

Une réflexion sur “Groupe PSA imagine et anticipe l’usine du futur (vidéo)

  1. Ouais, mais où se trouve « la force de Travail » que les humains employés vendent au patron ?… On dirait que c’est lui qui fait tout, comme celui décrit par Tome et Janry , auteur de « Qui arrêtera Cyanure ?… » , album bd de la série « Spirou » !…. Le robot est un outil qui doit « délivrer » le genre humain de tout travail « pénible » , mais ce principe est trop souvent dévoyé pour se débarrasser de sa présence !…Cette « usine du futur » possède-t-elle aussi un dispositif antigrève ?… Tous ces « Progrès » ne devront pas faire oublier le débat ( social ) de fond : l’évolution de l’Homme avec ses nouveaux compagnons mécaniques !…

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