L’observation de la Terre menacée financièrement

Le directeur exécutif du Group on Earth Observations (GEO), le Français José Achache, s’alarme des menaces budgétaires qui pèsent sur deux programmes européens pour l’observation de la Terre depuis l’espace.

« La France a annoncé qu’elle ne participerait pas au prochain budget du Programme-enveloppe Observation de la Terre de l’Agence spatiale européenne (ESA) », a affirmé le Pr Achache, confirmant une information des Echos. Mais pour la responsable du programme Terre, Environnement et Climat au Centre national d’études spatiales (CNES), Pascale Ultré-Guérard, la position de la France n’est pas encore « parfaitement arrêtée » et l’annonce d’une décision est « prématurée ».

« Le travail est en cours. On est au début du processus », a-t-elle déclaré. Elle a cependant reconnu que des « pressions budgétaires » pesaient sur la plupart des pays et que la réunion ministérielle au niveau de l’ESA, prévue en novembre, allait « être très difficile ».

Trop cher
Le budget du Programme-enveloppe représente presque 2 milliards d’euros pour 5 ans, « bien au-delà de ce qui avait été proposé pour la tranche précédente », a relevé Mme Ultré-Guérard. « On n’est pas les seuls à dire que c’est trop cher », a-t-elle ajouté. Pour le Pr Achache, un désengagement de la France, un des principaux contributeurs avec l’Allemagne, « serait un coup mortel ».

« C’est aussi extrêmement choquant parce que la France a été l’initiateur du Programme-enveloppe et par ailleurs, la France a été historiquement le pays qui a développé l’observation de la Terre en Europe », a-t-il déclaré. Autre sujet d’inquiétude pour le GEO, association internationale chargée de coordonner les systèmes d’observation, les menaces pesant sur les financements du programme de surveillance environnementale par satellite GMES (Global Monitoring for Environment and Security).

La mort des satellites d’observation
La Commission européenne envisage de retirer du budget commun les financements destinés au GMES pour les laisser à la charge des gouvernements. Le coût de ce programme est estimé à 5,7 milliards d’euros sur la période 2014-2020. « Arrêter GMES maintenant ce serait une catastrophe », a dénoncé le Pr Achache.

Pour le directeur exécutif du GEO, la double menace sur le Programme-enveloppe de l’ESA et le GMES, signifierait « la mort de tous les satellites d’observation de la Terre, au moment où le climat, l’environnement et la gestion des ressources deviennent une priorité ». « Tout le monde reconnaît que la seule façon de surveiller ça convenablement c’est avec des satellites », a-t-il poursuivi.

« C’est d’autant plus cruel que le satellite d’observation Envisat ne répond plus depuis 15 jours », a-t-il souligné, rappelant que les satellites Sentinelle du programme GMES ont été conçus pour assurer la continuité des observations d’Envisat. Le satellite Sentinelle-1, premier de la série, doit être lancé en 2013.

(Source : AFP)

 

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