Drapeau de l’Ouganda

Un mal étrange touche l’Ouganda, la Tanzanie et le sud du Soudan. Il s’agit de la maladie dite du "hochement de tête", ou "maladie du tremblement". Elle ne touche que les enfants et ne bénéficie à l’heure actuelle d’aucun traitement.

La maladie se traduit par des crises de convulsion qui empêchent les enfants atteints de se nourrir, provoquant une grande faiblesse, des retards de croissance et des handicaps mentaux et, parfois, la mort. Ces enfants sont si affaiblis qu’ils ont même des difficultés à relever la tête, d’où le nom donné à cette maladie. Elle aurait déjà fait 200 morts dans le nord de l’Ouganda.

Un mal qui reste mystérieux…

La communauté scientifique a tout fait pour mieux comprendre le phénomène. Depuis 2010, des scientifiques de toutes disciplines – épidémiologistes, biologistes, neurologues, toxicologies, psychiatres – se sont penchés sur la maladie pour tenter d’en comprendre les causes. Toutes sortes d’hypothèses ont été étudiées : de l’infection par un parasite local, à des effets secondaires de la guerre civile qui sévit dans la région. Mais les recherches menées n’ont rien donné.

"Nous n’avons pu identifier aucun réel facteur déterminant ou de risque", déplore Miriam Nanyunja du service Prévention et Contrôle des maladies à l’OMS. Les études ont même donné naissance à d’autres questions : les scientifiques ne savent pas si la maladie continue de progresser ou a commencé à décliner, si la maladie ougandaise est à relier directement aux épidémies qui sévissent en Tanzanie ou au Soudan, et pourquoi elle se limite à quelques communautés…

…Et pour l’instant incurable

Face à cette absence d’élément, il est impossible de proposer un traitement adapté à ces enfants. En attendant de découvrir l’origine de l’affection et un éventuel traitement, les médecins tentent de soulager les patients.

Le médicament qui est donné à ces enfants est la carbamazépine, une molécule utilisée dans le traitement de l’épilepsie. Mais si la maladie du hochement de tête provoque également des convulsions, elle ne correspond pas à l’épilepsie.

Ces tentatives de traitement symptomatiques ne sont pas donc pas efficaces. Sous la pression des députés ougandais, le ministère de la Santé a mis en place fin janvier 2012 un plan d’urgence pour tenter d’identifier et de circoncire la maladie. En attendant, le mal mystérieux de l’Ouganda continue de tuer.

(Source : France 2)