Loukanikos, un chien présent dans la plupart des manifestations contre l’austérité à Athènes et repéré par les photographes de presse, est devenu une emblème planétaire de la contestation sociale, grâce au magazine Time qui en a fait une de ses personnalités de l’année.

Loukanikos, mot grec qui veut dire saucisse, apparaît depuis longtemps dans de nombreux reportages photo, de l’Agence France Presse (AFP) notamment, toujours aux côtés des manifestants, en train d’aboyer contre les forces antiémeute casquées et bardées de lourds boucliers.

L’animal au poil blond rosé, est l’un de ces nombreux chiens errants, mais néanmoins identifié par le port d’un collier, qui sont légion dans les villes grecques ne disposant pas de suffisamment de refuges pour les animaux abandonnés.

"Je le photographie depuis au moins cinq ans", déclare Aris Messinis, photographe pour l’AFP à Athènes. "Pour moi, il n’est pas un symbole des manifestations, mais le meilleur ami des manifestants, et une note joyeuse dans les défilés".

"Comme il a un instinct de survie apparemment très développé, il aboie contre la police parce qu’il a été attaqué par des policiers", ajoute le photographe.

"J’ai même vu un jour devant le Parlement des incidents éclater à cause de lui. Un policier a essayé de lui donner un coup de pied, les manifestants n’ont pas apprécié, certains ont envoyé des cocktails Molotov, la police a répondu par des gaz lacrymogènes", ajoute le photographe.

"Il y a d’autres chiens errants dans les manifestations, mais seul Loukanikos participe vraiment", fait remarquer Aris Messinis.

Aujourd’hui, l’internet regorge de photos et de vidéos montrant Loukanikos, qui a même un site sur un réseau social comportant plus de 23.000 inscrits. Ses fans du monde entier lui envoient des voeux dans toutes les langues, ou publient ses photos sur le fond musical de "I need a hero".

Time l’a élu "personnalité de l’année" aux côtés d’autres manifestants dans les cortèges qui ont fleuri dans le monde entier en 2011, depuis les révolutions du printemps arabe jusqu’à Occupy Wall Street.

"Les manifestants le traitent bien, beaucoup d’entre eux le nourrissent", précise Aris Messinis.

"Je ne pense pas qu’il ait été dressé, ajoute-t-il. "D’ailleurs, il n’écoute jamais personne, je pense qu’il me reconnaît, nous sommes un peu comme des amis, mais des amis à distance".

(Source : AFP)

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